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La différence entre bilinguisme et traduction

La différence entre bilinguisme et traduction

On présente le bilinguisme comme l’accomplissement ultime dans la connaissance de plusieurs langues… Mais faut-il être bilingue pour être traducteur ?Suffit-il d’être bilingue pour être traducteur ?

Tout d’abord, quels sont les critères du bilinguisme ? Le bilinguisme « parfait » correspondrait à une maîtrise complète et égale de deux langues. Mais c’est en réalité une chimère, puisqu’on ne parle en général pas chaque langue dans le même contexte. On peut donc parler couramment français dans le cadre familial et anglais dans sa vie professionnelle, et être incapable de discuter de sujets techniques en français, même lorsque c’est la langue maternelle. En outre, il est difficile de placer précisément la barre d’une maîtrise « complète » puisque peu de locuteurs maîtrisent parfaitement leur propre langue maternelle… Même la notion de langue maternelle peut poser problème lorsqu’un enfant apprend plusieurs langues de façon simultanée, ou lorsque la première langue n’est parlée qu’au début de la vie et que l’enfant perd ensuite son niveau au profit d’une autre langue.

Les chercheurs évoquent un certain nombre d’éléments qui caractérisent le bilinguisme :

  • L’âge d’apprentissage de chaque langue (précoce ou tardif ; l’apprentissage peut être simultané ou non)
  • Le contexte d’exposition à chaque langue (famille, école, travail)
  • La durée d’exposition à chaque langue (exposition totale ou partielle pendant une période donnée)

Un traducteur doit-il forcément être bilingue ? Dans le sens le plus large du mot, bien sûr, il doit connaître au moins deux langues ; mais il n’est pas indispensable qu’il les pratique depuis l’enfance ou les maîtrise de façon égale. En fait, certaines études suggèrent même que le bilinguisme peut présenter des défis pour un futur traducteur auxquels une personne  qui n’est pas bilingue n’aura pas à faire face. Bien sûr, il présente certains avantages, comme la maîtrise instinctive de la langue et de la culture qui peuvent l’aider à saisir des connotations et des références qui échapperaient au  traducteur non bilingue. On appelle cela la mémoire « implicite », contrairement à la mémoire « explicite » qui sollicite des connaissances apprises consciemment. Mais les bilingues ont également tendance à faire des emprunts et à calquer les structures d’une langue sur l’autre, ce qui est tout à fait normal dans leur vie quotidienne mais pose problème en traduction.

Selon certaines études, les mécanismes du cerveau seraient également différents entre bilinguisme et traduction. En effet, le bilingue n’utilise en général qu’une langue à la fois, même s’il peut y avoir des interférences, alors que le traducteur fait appel à ses capacités de mémoire à court terme et à long terme pour mettre en rapport des termes et des concepts dans plusieurs langues et cultures différentes et passer d’une langue à l’autre de façon très répétée. Il doit comprendre la source, réexprimer en langue cible, contrôler le sens par rapport à la source, contrôler la grammaire et l’exactitude de la cible, et cela jusqu’à plusieurs fois par phrase.

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